Les nouvelles avancées du paiement virtuel

La Presse En Parle

13 janvier 2015

Bien sûr, les moyens de paiement sans contact ne font pas encore partie du quotidien du voyage d’affaires. Mais cet horizon se rapproche. En attendant, les entreprises s’affairent sur des solutions efficaces et dématérialisées. Notre enquête.

En septembre dernier, Apple faisait le buzz en lançant un service de paiement nomade, Apple Pay, et en intégrant dans son iPhone 6 la technologie NFC (near feld communication), celle qui rend possible les règlements sans contact depuis un smartphone. “Tout le monde attendait de voir ce qu’Apple allait faire. Allait-il développer une solution à lui par désir de singularité ou se lancer sur la NFC ? Les plus pessimistes vis-à-vis de cette technologie sont contredits”, souligne Alain Demerdjibachian, directeur du marketing produits d’Ingenico, leader mondial des services de paiement. En effet, qu’Apple se soit converti à cette technologie que certains prédisait comme mort-née pourrait marquer l’irrésistible ascension du paiement mobile. “On sent l’évolution du marché. C’est un de nos axes stratégiques”, avoue Nicole Flory, directrice marketing et communication en France d’AirPlus. En Allemagne, ce spécialiste des dépenses voyages fait d’ailleurs le test, en compagnie de Deustche Telekom, d’une carte corporate intégrée dans des smartphones proposant la NFC.

Ces dernières années, le grand public a pu voir apparaître de-ci de-là des portefeuilles numériques permettant des paiements en ligne sécurisés depuis un mobile, notamment les “walletts” de Google et PayPal, V.me de Visa et MasterPass de MasterCard, la solution Paylib du trio BNP Paribas-Société Générale-Banque Postale rejoint depuis peu par le Crédit Agricole. Testée pour sa part récemment à Boulogne-Billancourt, l’application Fivory du Crédit Mutuel-CIC permet de régler ses achats avec son téléphone à la caisse de certains établissements. Reste que toutes ces initiatives ont encore une portée limitée, l’environnement global des paiements n’étant pas encore passé à la vitesse “mobile”. “Il faut d’abord que les terminaux acceptent les paiements, et aussi que le téléphone soit éligible, remarque Alain Demerdjibachian. Le processus d’enrôlement de la carte de crédit sur le mobile est aussi un frein, demandant parfois tout un cérémonial à même de rebuter jusqu’aux geeks les plus enthousiastes.

Le Smartphone en poche

Comme souvent, le fait qu’Apple se soit lancé dans le paiement mobile pourrait donner un coup d’accélérateur à tout le secteur. D’autant que les éléments du puzzle se mettent progressivement en place. MasterCard a annoncé en septembre l’avènement d’ici à 2020 d’un standard sans-contact pour les commerçants acceptant les cartes de paiement afin que les consommateurs soient capables de payer partout avec leurs appareils compatibles NFC. Ingenico travaille lui aussi sur le sujet. “Nous allons accompagner le développement du paiement sans contact et contribuer à sa banalisation. Notre objectif : que l’expérience utilisateur soit la plus simple possible”, ajoute Alain Demerdjibachian.

Les voyageurs d’affaires peuvent-ils donc se préparer à se déplacer avec leur smartphone pour seul viatique ? Il est urgent d’attendre. Tout juste frémissant dans le monde grand public, le paiement mobile devrait encore prendre son temps pour s’imposer dans la sphère B2B. “On sait qu’on va y aller, mais il n’y a pas de demande à l’heure actuelle, confirme de son côté Pierre-François Brézès, vice-président et directeur général France de l’activité cartes et solutions corporate d’American Express. “Tout d’abord, il faut pouvoir proposer aux voyageurs d’affaires une certaine homogénéité du réseau d’acceptation pour ce type de paiement, ce qui n’est pas le cas à ce jour au niveau mondial, souligne Laurent Sautré, responsable commercial et implémentation cartes entreprises de BNP Paribas. Par ailleurs, il faut aussi tenir compte du fait que les parcs de smartphone dans les sociétés restent encore très hétérogènes. Dès lors, le smartphone comme seul moyen de paiement en lieu et place d’une carte corporate ne s’envisage pas à très court terme. D’ailleurs, nous recevons très peu de demandes de la part de nos clients.

Cette politique des petits pas s’explique aussi parce qu’à la différence des particuliers, les entreprises ont déjà une multitude de solutions de paiement dématérialisées à leur disposition. À commencer par la doyenne d’entre elles, la carte logée, proposée entre autres par BNP Paribas et AirPlus en partenariat, par le CIC, par Citi ou, bien sûr, par American Express sous le nom de Business Travel Account (BTA). “La partie paiement est un sujet très ancien dans le voyage d’affaires, et qui nous a longtemps posé beaucoup de soucis. D’où l’émergence, il y a quelques années, de la carte logée pour régler la billetterie aérien”, rappelle Laurent Comte, directeur général voyages d’affaires de Carlson Wagonlit France.

Ce moyen de paiement, enregistré auprès de l’agence de voyages, a pour principal mérite de s’intégrer directement dans le processus de réservation des déplacements. Ce qui simplifie les règlements et favorise un reporting très fin des dépenses voyages à partir des relevés émis par l’agence. Face au succès rencontré dans le secteur aérien, la carte logée s’est ouverte à d’autres domaines. Elle est désormais acceptée par la SNCF, par les loueurs de voitures et certaines centrales de réservation hôtelière comme CDS et HCorpo. Mieux : elle n’est plus seulement réservée aux grandes entreprises, puisque BNP lance au premier trimestre 2015 sa carte Voyage destinée au “middle market”. “Cependant, en ce qui concerne les grands comptes, nous répondons toujours aux appels d’offres en compagnie d’AirPlus”, précise Laurent Sautré.

“Nous discutons avec les entreprises des difficultés qu’elles peuvent rencontrer, des dépenses mal gérées. C’est ainsi qu’est apparue vPayment, d’un besoin de réconciliation des dépenses hôtelières” Pierre-François Brézès, directeur général France Cartes et solutions corporate d’American Express“Nous discutons avec les entreprises des difficultés qu’elles peuvent rencontrer, des dépenses mal gérées. C’est ainsi qu’est apparue vPayment, d’un besoin de réconciliation des dépenses hôtelières” Pierre-François Brézès, directeur général France Cartes et solutions corporate d’American Express

Dépenses bien gérées

Hélas, la carte logée ne peut pas tout, en particulier lorsqu’il s’agit de simplifier les paiements dans un univers aussi morcelé que l’hôtellerie ou encore pour réserver des billets sur des compagnies low cost qui, jusqu’à récemment, n’acceptaient pas les solutions de paiement corporate. Tout cela a conduit à l’avènement d’une nouvelle solution, la carte virtuelle, qui facilite les achats en ligne en émettant à la demande un numéro de carte à usage unique, VISA et/ou MasterCard selon les banques émettrices. American Express, dès 2009, a été l’un des premiers à proposer ce type de solution. “Dans le cadre de nos relations de longue durée avec les entreprises, nous discutons avec elles des difficultés qu’elles peuvent rencontrer, des dépenses mal gérées, remarque Pierre-François Brézès. C’est ainsi qu’est apparue vPayment, d’un besoin de réconciliation des dépenses hôtelières”. Parallèlement, l’essor des centrales de réservation hôtelière a largement participé à asseoir cette solution au sein des entreprises qui, toutes, cherchent à rationaliser un budget important, mais encore loin d’être optimisé. La plupart des banques la proposent comme Citi, le CIC, le LCL, la Société Générale ou encore BNP Paribas. “Notre offre évolue positivement au sein des grandes entreprises et des agences de voyages”, souligne Laurent Sautré qui ajoute qu’ “au premier trimestre 2015, nous faisons évoluer notre solution pour émettre des cartes virtuelles dans deux nouvelles devises, la livre sterling et le franc suisse”.

“La partie paiement est un sujet très ancien dans le voyage d’affaires, et qui nous a longtemps posé beaucoup de soucis. D’où l’émergence, il y a quelques années, de la carte logée pour régler la billetterie aérien” Laurent Comte, directeur général voyages d’affaires de Carlson Wagonlit France“La partie paiement est un sujet très ancien dans le voyage d’affaires, et qui nous a longtemps posé beaucoup de soucis. D’où l’émergence, il y a quelques années, de la carte logée pour régler la billetterie aérien” Laurent Comte, directeur général voyages d’affaires de Carlson Wagonlit France

Dématérialisation

En parallèle de sa carte virtuelle, BNP Paribas va lancer en début d’année prochaine une “carte procurement”. Alors que la carte virtuelle sert principalement à conclure une réservation et à gérer les échanges d’information entre une centrale de réservation et les établissements hôteliers, ce nouveau produit est destiné à optimiser transactions financières entre l’entreprise et la centrale de réservation, à la façon d’une carte logée. “Toutes nos cartes étant émises à partir d’une même plate-forme, le reporting est de ce fait consolidé”, explique Ludovic Velasco-Martinez, responsable marketing Cartes entreprises chez BNP Paribas. Les relations avec les plates-formes de réservation hôtelières étant de plus en plus stratégiques pour les différents acteurs, AirPlus a conclu de son côté un partenariat avec la centrale allemande HRS, qui accepte depuis la fin de l’été la carte virtuelle d’AirPlus. Dénommée AIDA et bénéficiant de l’acceptation du réseau Mastercard, cette solution a fait, grande nouveauté, ses débuts cette année sur le marché français. Mais l’autre évolution majeure la concernant est le partenariat signé entre le spécialiste allemand des paiements et Amadeus, l’un des trois grands GDS mondiaux, donnant naissance à l’Amadeus AirPlus Travel Agency Card. Désormais, les agences de voyages ont aussi accès à ce moyen de paiement virtuel leur permettant de régler un plus grand nombre de prestations pour le compte de leurs clients.

Hub de paiement

Cette annonce témoigne d’une tendance très récente, à savoir l’introduction de la carte virtuelle au sein des systèmes de ces intermédiaires clés du voyage d’affaires. Comme AirPlus, eNett a mis en place une carte virtuelle au sein du GDS Travelport. De son côté, Carlson Wagonlit a fait le chemin inverse en mettant en place un “hub de paiement”, comme le décrit Laurent Comte, avec Conferma, l’un des grands spécialistes de la technologie d’émission de numéros de carte virtuelle. De ce fait, la solution de CWT est compatible avec tous les GDS et toutes les cartes virtuelles existant sur le marché. “Cette solution de paiement s’intègre au sein des flux et amène de l’automatisation, souligne Laurent Comte. Notre volonté est d’agréger toute la chaîne des déplacements professionnels pour offrir une forte valeur ajoutée : la réservation, les informations sur les itinéraires, le déroulé du voyage, le reporting. L’intégration du mode de paiement en fait partie”. Un choc de simplification qui a pour objectif de pérenniser le rôle de partenaire global des agences de voyages.

Reportage : Arnaud Deltenre

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